Le Wine Truck avec Bruno Peyre,  responsable du développement des ventes France de Jeanjean (et propriétaire du Clos des Clapisses).
Le Wine Truck avec Bruno Peyre, responsable du développement des ventes France de Jeanjean (et propriétaire du Clos des Clapisses).

Vigilance orange aujourd’hui sur le vignoble du Languedoc-Roussillon, un vignoble assoiffé où le millésime 2016 s’annonce maigre. Une bonne pluie pourrait apporter des volumes en plus. Mais le risque d’orages violents fait aussi craindre des dommages sur la récolte.

Lundi 12 septembre, on terminait les vendanges du muscat au Mas Neuf, propriété du groupe Advini à Vic La Gardiole. L’équipe du Montpellier Hérault Rugby Club était venue donner un coup de main, comme l’an dernier. Matthieu Carliez, responsable d’exploitation des domaines Jeanjean en Languedoc (567 hectares répartis sur 6 propriétés) ne cachait pas sa satisfaction d’avoir « rentré les blancs ». Le millésime est tardif, on compte allègrement quinze jours de retard par rapport à une année normale. Face à la sécheresse, la vigne a bloqué la maturation de ses raisins pour privilégier sa survie.

Le manque d’eau a touché toute la région, mais l’ouest de l’Hérault, l’Aude, et notamment les Corbières, ainsi que le Roussillon ont particulièrement souffert comme le signalait déjà David Latham du Château Saint-Estève. L’est de l’Hérault et le Gard ont quant à eux bénéficié de pluies en mai et juin qui avaient permis de constituer quelques réserves.

En Roussillon, explique Hervé Lasserre, directeur de la cave de Constance et Terrassous, on observe une baisse de rendement de 20 à 30% en poids de raisins récoltés. Ces derniers ne donnent pas beaucoup au pressoir, les baies sont petites, les jus concentrés. La production de vin pourrait être encore plus réduite en quantité à la sortie de la cave que la vendange ne l’était à la sortie de la vigne.

« Il va falloir avoir la main légère sur les vinifications », confirme Matthieu Carliez, « car la qualité est belle. Sur les muscats on retrouve beaucoup de fraîcheur et des profils aromatiques extrêmement nets et expressifs ».

L’eau arrive enfin sur la région, mais la possibilité de violents orages inquiète. Sur le Pic Saint-Loup, notamment, où le passage en appellation annoncé mercredi 7 septembre a mis un peu de baume au cœur des vignerons sinistrés mais ne compensera pas les pertes de récolte de la grêle du 17 août.

Rendez-vous après la pluie pour un point plus complet. Des précipitations douces et généreuses peuvent apporter un peu de volumes aux rouges qui restent à vendanger… C’est ce que nous souhaitons aux vignerons dans ce millésime 2016 qui ne ressemble décidément à aucun autre.