(photo F. Hermine)
(photo F. Hermine)

Vin & Société a diffusé la dernière étude de Santé Publique France qui tend à démontrer que les Français sont restés raisonnables quant à la consommation d’alcool pendant la période de confinement.

“Les Français n’ont jamais aussi peu bu de vin que pendant le confinement, affirme le président de Vin & Société Joël Forgeau. Ce constat confirme une tendance structurelle depuis 20 ans mais il met également à mal le stéréotype du Français buveur de vin”. Cette prise de parole intervient suite à l’étude diffusée par Santé Publique France* sur le comportement des Français pendant la période de confinement. Elle fait apparaître une consommation d’alcool orientée à la baisse : 65% des personnes interrogées ont déclaré que leur consommation était restée stable, 24% l’ont diminuée, 11% disent l’avoir augmentée. Parmi ceux qui déclarent avoir augmenté leur consommation, 51% affirment avoir augmenté leur fréquence, 10% le nombre de verres bus les jours de consommation et 23% les deux paramètres.

L’augmentation de la consommation d’alcool est plus fréquemment mentionnée par les moins de 50 ans (entre 14% et 17% selon les classes d’âge), les individus vivant dans une ville de plus de 100 000 habitants (13% contre 9% des habitants d’agglomérations de moins de 100 000 habitants) et par les parents d’enfants de moins de 16 ans (18% contre 8% des répondants n’ayant pas d’enfant de moins de 16 ans). L’ennui, le manque d’activité, le stress et le plaisir sont les principales raisons évoquées par les usagers d’alcool ayant augmenté leur consommation (comme pour les fumeurs ayant fait l’objet d’un autre volet de l’enquête). “On note que l’augmentation, aussi bien pour le tabac que pour l’alcool, est corrélée au risque d’anxiété et de dépression” constate Viêt Nguyen Thanh, responsable de l’unité addictions à la direction de la prévention et de la promotion de la santé à Santé publique France.

“Une consommation globalement responsable”

“Ces chiffres attestent d’une relation globalement responsable des Français avec l’alcool dans un contexte général anxiogène” analyse l’établissement de santé publique. “Ils confirment les résultats de nos enquêtes et une consommation désormais plus occasionnelle que régulière. Finalement, 9 Français sur 10 ont une consommation à moindre risque, c’est-à-dire respectant les normes de l’OMS (2 verres maximum par jour et pas tous les jours) alors que le monde médical tend à laisser croire que l’on boit toujours trop, surenchérit commente Joël Forgeau. Cela tord le coup aux idées reçues car finalement, les Français ne boivent pas tant que ça, d’autant plus que cette étude a permis de mesurer la consommation réelle du pays puisqu’il n’y a plus de touristes étrangers sur le sol français. Cela démontre aussi que le vin est liée à une consommation de partage et surtout à des moments où les gens vont bien dans leur tête”.

Vin & Société rappelle que le circuit de vente hors domicile (cafés, hôtels, restaurants), les cavistes et les ventes directes aux caveaux qui représentent au total 30% des ventes en volume de vin, était à l’arrêt. Quant aux professionnels, il estiment que le confinement devrait représenter une baisse de ventes de vin de l’ordre de 40% à 50% minimum pendant cette période. Un constat d’autant plus inquiétant pour la filière que la chute de la consommation en CHR n’a pas été compensée par la hausse des ventes en grandes surfaces. “Les Français se sont concentrés sur les achats de première nécessité alimentaire, se détournant de la consommation plaisir, faute de moments de convivialité et de partage entre amis ou en famille, estime Joël Forgeau. Ceux qui boivent du vin au restaurant n’en boivent pas forcément chez eux. Les visio-apéros étaient surtout un épiphénomène pour les fans de vin, même si ceux que nous avons organisés avec Philippe Faure-Brac (#DégustezConfinés) qui relevaient d’un geste de solidarité collective ont été bien suivis”.

Vin & Société avait également lancé pendant le confinement le hashtag #lavignecontinue avec l’agence spécialisée en vins et spiritueux La Bicyclette de Paul. “Il s’agissait de sensibiliser au fait que les vignerons étaient toujours dans leurs vignes et continuaient à travailler. Ça a beaucoup plu avec d’excellents retours ». Vin & Société a décidé en revanche de suspendre les campagnes en 2020 « car il va falloir faire attention au budget de la filière”.

* étude réalisée du 15 au 30 mars d’après les réponses de 1344 consommateurs de boissons alcoolisées.