Engagement environnemental, présentation en primeur du premier millésime vinifié dans le nouveau chai récemment inauguré, Guide Michelin, classement de Saint-Émilion : du côté du château Troplong-Mondot, 2022 est une année qui s’annonce riche en actualités. On fait le point.

Ce n’est plus un secret pour personne à Bordeaux, depuis son rachat en 2017 à la famille Valette-Pariente par le groupe de réassurance SCOR, le château Troplong-Mondot, Premier Grand Cru Classé de Saint-Émilion, suit une trajectoire extrêmement ambitieuse. Celle-ci s’est d’abord concrétisée par un réajustement manifeste dans le style du vin, qui a pris tout le monde un peu de court mais a rapidement convaincu : oui, le terroir naturellement puissant de Troplong-Mondot, juché sur ses molasses de l’Agenais, peut aussi se parer de finesse et de fraîcheur. C’est le pari tenu par le directeur général Aymeric de Gironde, le directeur technique Rémy Monribot et l’œnologue-consultant Thomas Duclos, qui ont œuvré « à six mains » depuis cinq millésimes pour affirmer ce renouveau stylistique tout en restant fidèles à l’ADN de la propriété.

Dernier en date, le 2021 sera dévoilé dans quelques semaines en primeurs. Comme chacun sait, ce millésime est plutôt né dans la douleur, à Bordeaux comme ailleurs, et pour lui donner toutes ses chances, Aymeric de Gironde est assez content d’avoir pu bénéficier d’un outil flambant neuf, le chai inauguré au printemps dernier : « on se réjouit d’avoir pu travailler ce millésime, qui nécessitait énormément d’attention, avec un tel outil de précision. On a pu gérer des macérations à froid, des macérations longues qui nous ont permis d’extraire sans durcir. On a également, pour la première fois, fait des essais sur un peu de vendange entière, un lot de merlots dont nous avons conservé les rafles et qui apporte un plus dans l’assemblage du 2021« . Côté volumes, l’équipe se satisfait d’une vendange aux rendements similaires aux années précédentes : « le terroir de Troplong est naturellement ventilé, cela nous a bien protégé du mildiou. Toutefois, il a fallu se montrer très sélectif dans les tris, donc il y aura moins de grand vin cette année« .

« Devenir la référence de l’œnotourisme de luxe à Bordeaux »

Parmi les autres actualités du château : l’obtention récente du label IWCA, « International Wineries for Climate Action ». Fondée en 2019 par deux grandes familles du vin, les Torres en Espagne et les Jackson en Californie, cette organisation à but non lucratif vise à entraîner les exploitations viticoles vers un bilan carbone neutre, pour se conformer à l’objectif des Nations Unies qui vise le « zéro émission » à l’horizon 2050. Troplong-Mondot est la première propriété française à rejoindre cette initiative, ayant pour référence la norme ISO 14064 ; d’autres devraient suivre l’exemple, des candidatures étant déjà bien avancées en Vallée du Rhône et en Champagne. Plus largement, cette adhésion au label IWCA s’inscrit dans une démarche environnementale globale défendue par Aymeric de Gironde : « notre projet est à long terme et s’appuie sur trois piliers : le bilan carbone neutre avec IWCA, la gestion des déchets sur toute la propriété, et l’équilibre de la biodiversité avec un grand programme de replantation de haies dans les parcelles. Nous sommes aussi autonomes pour la production d’énergie de chauffage, en recyclant notre bois de taille – un procédé que nous souhaitons faire partager à nos voisins saint-émilionnais ». Sur la stratégie phytosanitaire, Aymeric de Gironde explique que, sur onze traitements en 2021, deux ont eu recours à des produits de synthèse, les autres étant en bio et biocontrôle.

Enfin, c’est sur le front de la gastronomie que le château Troplong-Mondot pourrait faire très bientôt parler de lui. Le 9 juin 2021 a rouvert le restaurant « Les Belles Perdrix », totalement rénové, avec toujours aux manettes le chef David Charrier. Après trois ans de fermeture pour cause de – grands – travaux, durant lesquels David a beaucoup voyagé, échangé avec d’autres cuisiniers mais aussi ouvert quelque temps une « Table Secrète » à la propriété, l’établissement offrant une vue spectaculaire sur le vignoble a fait un retour fracassant sur la scène gourmande saint-émilionnaise. Le Michelin, qui délivrera son palmarès le 22 mars prochain, est bien sûr dans toutes les têtes : jusqu’à leur fermeture temporaire, les Belles Perdrix avaient un macaron au guide rouge ; il semblerait plutôt naturel de le retrouver, voire plus si affinités. Sur ce plan non plus, Aymeric de Gironde ne cache pas ses ambitions : « avec les Belles Perdrix et nos chambres dans le vignoble, nous voulons devenir la référence de l’œnotourisme de luxe à Bordeaux ».

Tout cela nous amène naturellement à la grande échéance de cette année 2022 : la divulgation, en septembre prochain, du nouveau classement de Saint-Émilion. Bien qu’ayant connu un certain nombre de rebondissements, dont les retraits de Cheval Blanc, Ausone et Angélus ne sont pas les moindres, le processus du classement tient le cap, et Troplong-Mondot maintient plus que jamais sa candidature. On pourrait même dire qu’avec trois places (au moins) désormais à pourvoir en ‘A’ au côté de Château Pavie, compte tenu de son terroir et de sa très belle dynamique actuelle, Troplong fait partie des propriétés qui ont des chances de se hisser au sommet de la hiérarchie. A suivre…