(photos Isabelle Bachelard)
(photos Isabelle Bachelard)

Le salon Vinexpo de New York s’est déroulé comme prévu les 2 et 3 mars. Sans doute la dernière réunion professionnelle avant plusieurs mois, ce salon aux proportions modestes donnait une place de choix à la France.

Vinexpo a-t-il eu de la chance ? Sans doute oui puisqu’au moins il a eu lieu, à New York. Il a ouvert pour deux jours le 2 mars, au moment même où l’édition de Honk Kong était reportée à juillet, juste après l’annulation de ProWein à Düsseldorf. Les exposants étaient derrière leur comptoir, il y avait du monde dans les allées, mais en l’absence de chiffres émanant des organisateurs au lendemain de la clôture, on ne peut que retenir que ce qu’on a vu et entendu. Vinexpo New York n’est pas à la même échelle que les Vinexpo de Bordeaux, de Hong Kong ou de Paris. Et c’est normal car il est fait pour les Américains et les Canadiens. Il attire les professionnels de région de New York, le premier marché du pays et un des premiers tout du monde.

Un beau pavillon France

Dès l’entrée du salon, le pavillon France avec sa devise “Made in France with love” frappait par son élégance et sa taille. Avec ses 45 stands, c’était le plus important loin devant le Brésil, coloré mais modeste et les nouveaux venus. La République Tchèque, qui veut percer aux États-Unis a ses chances dans un pays avide d’originalité et de nouveauté. Les Italiens de Lambrusco étaient eux aussi groupés pour se faire une place au soleil américain. Les 266 exposants étaient répartis dans un seul Hall, moins vaste que l’année dernière (il accueillait alors près de 500 stands). La section WoW, World of Organic Wines étaient également moins dense, sans doute en raison de la complexité de la législation des vins bios aux États-Unis, qui ne reconnait pas le label AB européen.

Une commercialisation complexe

Quelques exposants français venaient pour la première fois, mais la plupart avaient participé à au moins l’une des deux éditions précédentes : non seulement il faut plusieurs importateurs pour couvrir le vaste marché américain, mais il est indispensable d’entretenir des relations avec les distributeurs et de faire déguster les différentes cuvées ou les nouveaux millésimes aux détaillants et restaurateurs, car c’est eux qui sont en contact avec les consommateurs et assurent vraiment la dynamique des ventes. Même s’il est de plus en plus battu en brèche, le système des “trois tiers” américain (importateur – distributeur – détaillant) issu de la fin de la prohibition, a encore de beaux jours devant lui.

La peur du virus ou les taxes ?

Vinexpo et le centre d’exposition Javits Center avaient annoncé des mesures d’hygiène exceptionnelles (voir lundi), mais il semble que cela n’a pas suffi pour que tous les publics concernés osent affronter le risque de coronavirus : pas de masque sur les visages, mais moins de monde. Malgré la présence d’acheteurs venus de la côte ouest ou de Floride, la majorité des visiteurs venaient de New York et environs, New Jersey et Connecticut.

L’ambassadeur de France a honoré Vinexpo de sa présence. Il assure que les institutions françaises font le maximum pour que les États-Unis et la France reviennent à des relations commerciales normales. La France subit depuis octobre une taxe de 25% à l’importation de tous ses vins tranquilles de moins de 14 degrés d’alcool. Malgré le réchauffement climatique qui a fait croître le niveau d’alcool, les pénalisés sont nombreux. Les prix de détail ne s’en ressentent pas encore trop, car les opérateurs ont accepté de réduire leur marge. Mais pour combien de temps ?