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[VINEXPO] Plaimont Producteurs : à la recherche des cépages perdus

Auteur

La
rédaction

Date

15.06.2015

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Après avoir retrouvé et inventorié de vieux cépages locaux, dont certains inconnus, Plaimont Producteurs a commencé à élaborer des microcuvées et à introduire ces cépages notamment dans les vins de Saint-Mont et de Côtes de Gascogne.

A partir des années 80, Plaimont a commencé à rémunérer ses adhérents pour qu’ils conservent leurs vieilles parcelles de vignes « comme celle du père Pédebernade qui n’avait jamais voulu introduire de cépages hybrides dans le jardin familial de Sarragachies et dont les cépages retrouvés portent désormais son nom, comme ceux conservés par les Dubosc », explique Eric Fitan, jeune président de l’appellation Saint-Mont dont quasiment tous les producteurs sont adhérents de Plaimont Producteurs. Leur mode de culture préphylloxérique en hautains (mariés à un arbre qui sert de tuteur, ce petit pieu ayant donné pacherenc en gascon), était utilisée dès l’Antiquité. Il a aujourd’hui disparu. Cette première parcelle identifiée a servi d’expérimentation pour étudier 21 cépages, inscrits en 2012 à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques. Ont été replanté dans le conservatoire de Pouydraguin une vingtaine de ceps de ces cépages « bizarroïdes » certains même inconnus. Après étude de leur comportement, une douzaine ont été gardés et 300 pieds de chaque ont été replantés au printemps à Saint Aignan.

Un supplément d’âme

Ces cépages, souvent complantés, rouge et blanc, « assemblés » jadis à la vigne, devraient servir à « donner un apport de typicité aux vins de Saint Mont et aux Côtes de Gascogne rouges » explique Olivier Bourdet-Pees, directeur de Plaimont Produteurs. Ils présentent aussi l’avantage d’offrir des vins plus légers en alcool ou mieux adaptés aux changements climatiques ». L’arruffiac sert déjà « d’assaisonnement » aux blancs et leur apportent de la fraicheur comme dans la cuvée Le Passé Authentique, le pinenc (ou fer servadou), historiquement présent dans la région et même avant le tannat, donne de la vivacité aux rosés (Rosé d’Enfer ou Rosé Paradis), reste à trouver un supplément d’âme aux rouges, même si les blancs restent largement majoritaires sur l’appellation. « Un travail de fourmi grâce au collectif, conclut Eric Fitan. Aucun vigneron n’aurait pu faire seul ce qui a été fait au niveau ampélographique en mobilisant à la fois les oenologues et les équipes marketing et commerciales ».

Notre Sélection :
Les Vignes Préphylloxériques :
Une large majorité de tannat planté en 1871, complété par quelques grappes de pinenc. Des notes de fruits très mûrs, une structure affirmée et une bouche généreuse. Les tanins sont présents et peuvent encore attendre. 60€

La Madeleine : Tannat avec les premiers essais de ceps greffés sur du noah vers 1880, complété de cabernet-sauvignon et pinenc, ramassés à la main et issue de la plus ancienne parcelle d’après-phylloxera. Un nez de cerises et d’épices, une bouche de fruits mûrs, dense mais équilibrée et des tanins fins qui gardent de la fraîcheur. 30€

Le Moonseng : A base d’un tiers de manseng noir et deux-tiers merlot. Le premier vin de la gamme Plaimont Planète Cépages, présenté à Vinexpo. Des notes de fleurs coupées, de tapenade et de réglisse sur des tanins soyeux. Le manseng noir apporte une belle intensité colorante et aromatique. 6, 50-7€

Texte-photos Frédérique Hermine

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