Ci-dessus : Olivier Goujon, directeur du BNIA, et Maeva Vidonne, responsable communication & promotion.
Ci-dessus : Olivier Goujon, directeur du BNIA, et Maeva Vidonne, responsable communication & promotion.

L’armagnac bouge, et le fait savoir. L’eau-de-vie gasconne profite du salon Wine Paris & Vinexpo Paris pour faire découvrir toute sa richesse et sa diversité aux professionnels. Et peaufine son projet « Ambition Armagnac 2030 » pour se projeter vers l’avenir.

Dans l’espace « Be Spirits » du salon Wine Paris & Vinexpo Paris, tout le dynamisme du monde des spiritueux s’affiche avec une grande liberté, entre produits innovants, habillages audacieux et communications « disruptives ». Du rhum au whisky, du gin à la vodka, les « spi » ont le vent en poupe. Mais les appellations traditionnelles françaises ne sont pas en reste. Ainsi l’armagnac, plus ancienne eau-de-vie de France, montre ses muscles et décline son art de vivre gascon sur un stand convivial judicieusement posté à proximité de l’infinite bar où les visiteurs peuvent constater qu’il se décline aussi très bien en cocktail. Présentant une quarantaine de marques différentes, Olivier Goujon, directeur du BNIA (Bureau National Interprofessionnel de l’Armagnac) et Maeva Vidonne, responsable communication & promotion, font pulser la thématique « Armagnac Style » en jonglant entre pédagogie (comment ça fonctionne, un alambic armagnacais ?) et valorisation de la diversité des produits, passant des augustes flacons millésimés aux plus jeunes eaux-de-vie résolument sexy. Sans renier ses racines ni son identité, l’armagnac a dépoussiéré son image, et il est aujourd’hui irrigué par une nouvelle génération qui contribue à le re-positionner, à l’heure du craft, comme un spiritueux incontournable, ancré, identitaire, porteur d’histoire(s) et d’émotions.

Pour accélérer cette dynamique, le BNIA a récemment lancé le projet « Ambition Armagnac 2030 », une grande consultation publique invitant « l’ensemble des forces vives de notre territoire » (opérateurs de l’appellation, tonneliers, verriers, politiques locaux, acteurs du tourisme, etc.) à répondre à quatre grandes questions qui permettront de tracer la feuille de route des dix années à venir. « Cette consultation porte sur quatre grands axes », détaille Olivier Goujon. « La durabilité des pratiques ; la performance organisationnelle entre tous les acteurs du territoire ; l’attractivité du produit et de l’appellation ; qualité et savoir« . La synthèse de cette consultation sera dévoilée le 23 juin prochain par l’interprofession et permettra de définir trois plans stratégiques qui seront autant d’actions à mettre en chantier par le prochain président du BNIA, dont l’identité sera officiellement dévoilée en fin d’année.

Une nouvelle Maison du Vignoble à l’été 2022

Entre-temps, l’Armagnac aura ouvert, dès l’été 2022, les portes de sa nouvelle « Maison du Vignoble » à Eauze (Gers), un pôle viticole faisant office de showroom, de lieu de dégustation et de point de départ des explorations du territoire armagnacais, aboutissement de 30 ans de réflexion et de travail en collaboration avec le Floc de Gascogne et les Côtes de Gascogne. Signe que, même s’il met parfois du temps pour mûrir ses projets, l’Armagnac est résolument monté dans le train de la modernité.

En témoignent certains flacons dégustés sur le stand du BNIA, qui réalisent le tour de force d’être à la fois totalement authentiques dans leur identité, très précis et originaux dans leur définition, et innovants dans leur présentation : la gamme tout juste relookée de la maison Arton en est une très belle illustration (sublime « Pièce Unique » 2011, 100% ugni blanc fût n°24), tout comme l’excellente Folle Blanche 2009 Brut de Fût de Récapet (famille Lurton), la « Pure Insolence » édition limitée 100% Folle Blanche de Château Garreau ou le « Biologic » 7 ans de la maison Darroze, qui vient confirmer aussi que l’armagnac bio est une tendance qui a le vent en poupe. On en reparlera.