Oniric, Nuage, Sans… Les vignerons de Buzet ne manquent pas d’idées pour créer de nouvelles cuvées et imaginer des packagings originaux avec une philosophie pour moteur, celle du Développement Durable.

Il y a des coopératives qui bougent incontestablement plus que d’autres. Et celle de Buzet-sur-Baïze, au cœur du Lot-et-Garonne, n’a pas cessé de s’activer depuis l’arrivée de la nouvelle équipe il y a une petite dizaine d’années. « Il était temps », reconnaît volontiers aujourd’hui son président Serge Lhérisson qui est allé recruter alors le dynamique et décidé Pierre Philippe pour diriger la cave. Créé en 1953, elle avait obtenu l’AOC pour l’appellation dès 1973 mais s’était endormie sur ses lauriers. Elle en avait d’autant moins les moyens qu’elle représente 95% de la production. Il y avait du raisin sur la planche. S’en est suivie une longue période de restructuration interne, de maitrise de la qualité du vignoble et de la vinification et une quête de cohérence dans les gammes à dépoussiérer. Les anciennes affiches façon d’Artagnan – Sud-Ouest oblige- ont été rangées dans les placards et les vignerons se sont « engagés autrement » comme le rappelle le slogan actuel.

DD à Buzet

Comment ? En misant tout sur un axe majeur, le Développement Durable (DD). Pas juste pour communiquer mais d’un bout à l’autre de la chaine de production, du cep à la bouteille en passant bien sûr par les quelques 200 adhérents et 90 salariés. La cave a choisi pour cela une troisième voie, entre agriculture raisonnée et biologique avec une approche pragmatique ne jetant pas pour autant aux orties la viabilité économique ni le respect de l’environnement. Quelques exemples concrets : l’utilisation à 100% d’engrais naturels, de drones pour une fertilisation sur-mesure du pied de vigne, le recyclage des déchets, l’éco-conception des bâtiments, le copinage avec des insectes amis des viticulteurs comme le typhlodrome en supprimant les acaricides, l’abandon des traitements anti-botrytis… La cave a également mis l’accent sur la préservation de la biodiversité avec l’adoption de la démarche Bee Friendly pour protéger les abeilles, la reconstitution de corridors végétaux pour accueillir faune et flore, la replantation de la tulipe d’Agen en voie de disparition, la réintroduction de chouettes Chevêche d’Athéna en lisière de vignoble… Les 76 ha du château de Gueyze, domaine emblématique de la cave, ont servi de laboratoire ; le chai expérimental à permis de tester les innovations en matière de vinification.

Buzet1©F.Hermine

Nuage, Oniric…pour faire rêver les papilles

Côté Vins, Buzet innove en contenus et contenants. Dernière en date, la jolie cuvée Oniric. La cave avait déjà un vin haut de gamme, le Château de Gueyze; elle a cherché a faire un grand vin : Un monocépage cabernet sauvignon, travaillé avec des techniques modernes de vinification, sans élevage en barriques pour obtenir un profil plus séduisant et un soyeux plaisant dès maintenant (environ 19€). Dans le cahier nouveautés également, Gueyze a été décliné en rosé, la cuvée Sans (sans sulfites ajoutés), en rouge, le Domaine de Michelet en bio, et les Nuage blanc et rosé à 9° sont venus agrémenter la gamme pour l’apéritif. La création n’est pas moins dynamique en matière de packaging : après des bag-in-Box en forme de ballons de rugby ou de vanity case, la cave proposera en fin d’année un magnum dans un coffret bois en forme de nichoir, réutilisable pour les passereaux de votre jardin. Le Baron d’Ardeuil, toujours à l’emblème de l’aigle impérial, en blanc et rouge élevés sous bois, et le Lys, dans les trois couleurs, restent les vins phares de la cave, jouant les cépages traditionnels de l’appellation, merlot, cabernet franc et cabernet sauvignon en rouge, sauvignon et sémillon en blanc. Mais avec plus de 1800 ha, le champ d’action est vaste; les projets de vins et de bouteilles sont encore nombreux dans les tiroirs de Buzet, qui n’hésite pas à jouer avec dame innovation.

Frédérique Hermine

www.vignerons-buzet.fr