Vente des Hospices de Beaune 2020 (photo d'archive - Clément L'Hôte)
Vente des Hospices de Beaune 2020 (photo d'archive - Clément L'Hôte)

Faibles rendements, qualité, et grande cause : c’est le programme des Hospices de Beaune 2021. La plus célèbre des ventes aux enchères de vins se tiendra le 21 novembre, sous le marteau de Sotheby’s, nouvel organisateur.

Après une 160e édition à part, la faute à un imbroglio juridique et à un contexte sanitaire encore sensible, la 161e vente aux enchères des Hospices de Beaune renoue avec la tradition. Dimanche 21 novembre 2021, les acheteurs du monde entier devraient, comme à l’accoutumée, se presser sous les Halles de Beaune et se disputer les pièces (tonneaux de 228L) du domaine à prix d’or. Pour la première fois, celles-ci seront adjugées par Sotheby’s, grande maison d’enchères américaine, qui succède au britannique Christie’s. « C’est un honneur pour nous d’avoir été choisis pour organiser la vente de vins la plus prestigieuse du monde. Ce sera l’une des ventes les plus importantes de mes 30 ans de carrière», s’est ému Jamie Ritchie, président de Sotheby’s Wine, devant la presse mardi 21 septembre, confiant ses ambitions sur le marché français. « Notre maison se lance ainsi dans la vente de vins en France : Paris deviendra notre 4e plateforme, après Londres, New-York et Hong-Kong. »

« Un vrai millésime bourguignon »

Le n°1 mondial des ventes de vins aux enchères (92 millions de dollars de chiffre d’affaires dans le secteur en 2020) verra sa tâche compliquée par un millésime aux rendements historiquement faibles. Comme les autres vignobles français, le domaine des Hospices a subi une vague de gel destructrice au mois d’avril. « Dans une parcelle comme les Corton Bressandes, on atteindra difficilement 10 hectolitres à l’hectare, contre 30 à 35 habituellement », déplore Ludivine Griveau, régisseuse du domaine des Hospices de Beaune depuis 2015. « On sera à -50%, voire -70% pour la plupart des cuvées. » Pas de quoi submerger les seaux des vendangeurs, qui ont sorti les sécateurs le 17 septembre. Mais la qualité ne fait plus de doute. « Le raisin est arrivé à pleine maturité, avec des peaux croquantes et des pépins peu amers et savoureux, aux arômes de noisette. Sur les premiers rouges, le fruit s’exprime pleinement, avec netteté. C’est très prometteur, d’autant qu’on a des degrés potentiels raisonnables et de bonnes acidités. Ce sera un vrai millésime bourguignon », se console la vinificatrice (photo ci-dessous).

La pièce de charité pour la cause des femmes

L’hôpital et les maisons de retraite de Beaune bénéficieront, comme chaque année, du résultat de la vente de toutes les cuvées. Toutes, sauf une : la pièce de charité, tonneau de 228 litres dont les bénéfices vont chaque millésime à des causes caritatives différentes. « Le 21 novembre prochain, c’est la cause des femmes, et la lutte contre les violences qui leur sont faites, qui sera soutenue, ainsi qu’une cause médicale », a révélé Alain Poher, président des Hospices de Beaune. « Ce choix correspond à des enjeux sociétaux, mais aussi à notre histoire, qui a commencé avec Guigone de Salins [cofondatrice des Hospices de Beaune avec son mari Nicolas Rolin en 1443, ndla] ». Reste à décider des associations bénéficiaires. Et donc des parrains, ou « présidents », des personnalités issues du monde de la culture ou du sport, qui mettent chaque année leur popularité au service de la vente. Et l’aide à atteindre des sommets : lors de l’édition 2020, la pièce de charité, parrainée par Marc Lavoine, avait été adjugée pour 660 000 €. Un record absolu.