(photos Jim Budd et Isabelle Bachelard)
(photos Jim Budd et Isabelle Bachelard)

Le domaine Belargus s’est créé en 2018 à partir des vignes du domaine Pithon-Paillé et de son fameux Clos des Treilles. Découverte de ses premières cuvées, nées des deux côtés de la Loire et au bord du Layon.

Aux premiers jours de l’automne, impossible de ne pas dire un mot sur la vendange 2020, même si le sujet du jour est la découverte des cuvées en bouteilles de 2018. Ivan Massonnat, le créateur du domaine Belargus a le sourire aux lèvres lorsqu’il retire son masque : “Si ce n’est pas bon, ce sera de notre faute. On est béni des dieux”. La vendange est en effet idéale, car la pluie est venue désaltérer l’Anjou à la fin du mois d’août.

Premier millésime 2018

En 2018, la nature a fourni des conditions exceptionnelles pour élaborer des vins liquoreux en Anjou. Après trois semaines parfaitement ensoleillées pour les vendanges de vins secs, sont arrivées de fines pluies qui ont favorisé le développement du botrytis cinerea, la pourriture noble qui concentre sucre et acidité pour donner des vins incroyablement complexes. La cuvée, tout simplement nommée “Layon” séduit d’emblée par ses parfums gourmands, de rôti et de rhubarbe. Élevée en cuve pour garder son côté croquant, elle se déguste déjà très bien. Ses 110 grammes de sucre résiduel se glissent parfaitement auprès d’un clafoutis aux figues ou un faisan aux coings rôtis.

Des Anjou secs pour la gastronomie

Les deux terroirs de Savennières, Gaudrets et Ruchères se goutent déjà bien. Le premier est tranchant et fin, avec une pointe presque un peu salée qui met en appétit. On l’imagine déjà avec des fruits de mer. Le second est d’une couleur jaune doré plus intense et séduit par ses riches parfums de miel. Sec mais très ample, puissant en bouche, il s’équilibre en finale car l’acidité du cépage revient en force. Visiblement, ce terroir de schistes pourpres demande un peu plus à vieillir pour que le plaisir soit complet.
Sur le terroir du grand cru Quarts-de-Chaume, Belargus a opté pour une vendange et une vinification en vins secs, car ce sont de “grands vins de gastronomie et de garde”. Ronceray est le plus gourmand, avec sa rondeur joyeuse et ses parfums de pêche et d’abricot. Rouères est plus austère, avec son profil droit, mais il compense par sa grande complexité. Quant à la parcelle nommée Quarts (toujours au sein de l’AOP Quarts-de-Chaume) elle donne un vin épicé, moins en finesse du point de vue aromatique. Une légère impression de douceur suivie par une immense densité, un soutien acide très marqué et une finale qui fait saliver : les prémices d’un grand à attendre. Il sera sans doute le plus sophistiqué et le plus complet.

Un jeune vignoble à suivre

Ivan Massonnat a signé l’achat de ses premières vignes à Jo et Isabelle Pithon le 5 septembre 2018, les vendanges ont commencé le 7. Jo Pithon continue de conseiller le domaine, pour le plaisir et l’édification des plus jeunes. Ivan Massonnat aime l’idée d’avoir plus ou moins reconstitué le principe d’un domaine familial dont il serait aux commandes, travaillant sous l’œil bienveillant et paternel de Jo Pithon, tandis que la génération suivante, le chef de cave Adrien Moreau et le chef de culture Amaury Chartier, apporteraient leur sang neuf et leurs idées.