(photo : Emmanuel Perrin)
(photo : Emmanuel Perrin)

Un peu à l’étroit sur la carte postale touristique du « géant de Provence », l’appellation Ventoux veut sortir du peloton et démontrer que ses vignerons font des vins pluriels, mais singuliers par leur fraîcheur. Portée par une nouvelle génération décomplexée et ambitieuse, elle dessine son avenir, plutôt prometteur. Confirmation en 6 étapes, extraites du Terre de Vins n°61.

Épisode 5/6 : Martinelle

La dame des Dentelles
Son accent à peine perceptible vous oriente vers des origines germaniques. La terre de naissance de Corinna Faravel serait presque un lointain souvenir, tant elle s’est bien intégrée, allant jusqu’à épouser un vigneron de Gigondas. Elle arrive à l’Université du vin de Suze-la-Rousse en 1998, pour débuter une formation de sommelière. « J’ai découvert une bande de fous de vin, passionnés ; une région où j’ai été bien accueillie et où le style des vins me plaisait beaucoup. » Avec le recul, elle considère que cela a déterminé son chemin. Un chemin qui avait débuté comme ouvrière dans les vignes de différentes propriétés du Palatinat.
Diplôme en poche, elle fait les vendanges entre Cairanne et Châteauneuf-du-Pape et a la chance de croiser les bonnes personnes qui vont l’aider dans son projet d’installation. Vingt ans plus tard, et quelques galères encore en mémoire, elle a construit son nid aux pieds des Dentelles de Montmirail. Sur son petit domaine certifié bio, elle dit qu’il n’y a pas de recette miracle. « La nature conditionne notre travail, je cultive la vigne pour avoir de jolis fruits. Pour cela, le plus important est l’observation et l’échange pour trouver les solutions. » Par exemple, avec sa technicienne conseil qui lui a permis de bien gérer l’attaque de mildiou en 2018. Méticuleuse, rigoureuse sur l’hygiène de la cave, elle vinifie ventoux et beaumes de Venise avec soin et passion. Les clairette et grenache blancs, ramassés tôt et élevés pour moitié en barriques, composent son Ventoux 2017 (13 €). Après la fraîcheur, la finesse de l’amande amère se révèle en finale. Sur le rouge 2017 (11 €), cerise, pivoine et zan s’harmonisent dans une extraction maîtrisée. Corinna suggère de l’accompagner d’une ratatouille de légumes bien grillés aux herbes de Provence, d’une tapenade ou de cocos blancs au chorizo.

84190 Lafare
04 90 65 05 56 – Site internet

Épisode 1 : Chêne Bleu
Épisode 2 : Domaine de Fondrèche
Épisode 3 : Château Pesquié
Épisode 4 : Château La Croix des Pins