Si la crise sanitaire due à la propagation du COVID-19 contraint les acteurs champenois à réduire voire à stopper leurs activités, il y a un autre combat que le vignoble champenois mène depuis plus de 15 ans et qui se poursuit : celui du développement durable.

En période de pandémie et de confinement, les voyants sont au rouge pour l’ensemble des vignobles français. Face au doute, aux incertitudes et à l’arrêt brutal de la production pour de nombreux vignerons et certaines maisons de Champagne, la vigne continue de se mettre au vert.
Longtemps accusée à tort d’être en retards vis-à-vis de ses voisins viticoles, la Champagne a pourtant pris le tournant depuis les années 2000 en passant au scanner l’appellation. Des axes majeurs (réduction des intrants, préservation des paysages, défi énergétique et climatique, gestion de la ressource en eau) qui ont permis de mettre en évidence des résultats probants.
Réduction de moitié des produits phytosanitaires, diminution drastique de l’empreinte carbone (-20% par bouteille), l’entreprise Champagne s’engage mais mesure encore les efforts à fournir car la mise en place d’une transition écologique prend du temps.

Sur le volet du développement durable, l’interprofession champenoise s’est dotée d’une « boite à outils » à la mesure de ses ambitions. Révisés et mis jour, le référentiel viticulture durable (reconnu par le Ministère de l’agriculture depuis 2015) et la certification VDC (Viticulture Durable en Champagne) qui en découle témoignent de la capacité à faire de la Champagne un terroir toujours plus vert. Selon les derniers chiffres du Comité Champagne, 20% de l’AOC est dotée d’une certification environnementale (toutes certifications confondues), un chiffre qui peut paraître dérisoire mais qui fait état d’une réelle prise de conscience et d’une accentuation de la transparence opérée la Champagne.

Crise sanitaire et transition écologique

En 2019, l’interprofession a revu sa copie et s’est fixé de nouveaux objectifs, réalisables si la mobilisation collective est pleinement à son œuvre : 100% des exploitations certifiées en 2030, zéro herbicide d’ici 2025. Une promesse qui pourrait se révéler difficile à tenir tant les enjeux sont grands et les délais courts, d’autant plus face à une crise sanitaire dont on ne connait pour l’heure ni les répercussions financières, ni la capacité pour certaines exploitations à gérer la reprise.
Mais le Comité Champagne l’assure, le projet de conversion écologique de la Champagne ne s’arrête pas avec la crise sanitaire : « Si notre attention est d’abord portée sur la sécurité de nos ressortissants et à l’accompagnement à la poursuite de la production, cette crise sanitaire ne remet pas en cause nos actions en faveur du développement durable », affirme Thibaut Le Mailloux, directeur communication du Comité Champagne.

L’exemple du maintien des chantiers de pose de phéromones (technique de la confusion sexuelle) d’ici la fin du mois d’avril dans le plus strict respect des gestes barrières montre que la Champagne est plus que jamais en guerre contre les pesticides.
Cependant comme le rappelle Thibaut le Mailloux « la poursuite de cette transition écologique est indéniablement liée à la bonne santé économique de la filière ».
S’il est établi que la Champagne est une terre de résilience, on peut légitimement se demander si cette crise viendra confirmer une nouvelle fois cette tradition. De son côté, Thibaut le Mailloux l’assure : « cette crise est un électrochoc accélérateur pour la transition écologique. »

Plus d’infos : www.champagne.fr