(photo AFP)
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Confinement acte 2 : le couperet est tombé dans la nuit du jeudi 29 octobre, entraînant à nouveau la fermeture des bars et des restaurants – des canaux de distribution importants pour les acteurs de la filière vin. Pourtant, face à ce deuxième coup dur, les nouvelles habitudes de consommation semblent s’ancrer durablement avec l’arrivée en masse du “click & collect”.

“Click & collect”, en français, “cliqué-retiré”, semble être bien installé dans le paysage hexagonal. Si l’on a appris du premier confinement, l’heure n’est plus aux essais approximatifs, tant cette pratique apparue dès les années 2000 a pris de l’ampleur depuis le début de la pandémie en mars dernier. Facile à mettre en place, covid-compatible, ce acte d’achat permet aux consommateurs de faire leur commande en ligne et venir la chercher directement en magasin. Pour les vignerons, c’est une porte de sortie, peut-être la seule, afin d’éviter une perte importante de ventes à l’approche des fêtes de fin d’année.
En Champagne, l’enjeu est d’autant plus crucial que la filière, déjà très touchée par les conséquences de la crise sanitaire (-63% des ventes au mois d’avril), est avant tout associée aux plaisirs de la fête et de la célébration.
Ce nouvel acte d’achat concernant les vins et spiritueux, s’il n’est pas nouveau, ne cesse de se développer. Dans un récent baromètre de l’agence So Wine, agence conseil marketing spécialisée en vins, la digitalisation, en constante progression, profiterait pour 37% aux sites de grandes distributions contre 32% pour les producteurs (Chiffres 2019).
Ce combat qui s’apparente à celui de David contre Goliath vient pourtant mettre le doigt sur l’acte d’achat qui tend à prendre d’autres formes quel que soit le canal.

Drive, click & collect et solidarité

Après l’annonce de Bruno Le Maire, ministre de l’économie, de créer un fonds de 100 millions d’euros pour accélérer la digitalisation des commerces et indépendants, et à lancer les services de click & collect massivement, certains vignerons s’y sont rapidement rangés.
Au champagne Météyer, à Trélou-sur-Marne, tout est en place sur l’exploitation depuis le premier jour du confinement. Click & collect mais aussi “drive”, tout est fait pour inciter les consommateurs confinés. “Impossible n’est pas Météyer !” peut-on lire sur le mailing envoyé par ces vignerons indépendants.
D’autres comptent sur les cavistes, autorisés à ouvrir leurs portes, pour assurer leurs ventes. C’est le cas des “Amis Vignerons”, regroupement de 130 vignerons à Agen, qui ont créé une plateforme commune permettant de livrer rapidement les consommateurs et cavistes qui mettent en vente leurs bouteilles. “Nous considérons que le caviste est un élément essentiel dans l’organisation de notre marché. Il est passionné comme nous, il retranscrit parfaitement notre travail et notre conscience à bien faire notre métier pour au final, vous offrir le meilleur.” Un acte solidaire qui recrée un pont essentiel entre les acteurs de la filière, qui ont besoin à défaut de mettre les coudes sur la table, de se les serrer.

Le “click & collect”, s’il ne permet pas l’achat spontané propre à la dégustation d’un vin, est une voie qui permet d’appuyer les chiffres connus de la consommation à domicile (79% des consommateurs boivent dans la sphère privée, baromètre So Wine 2019).
S’agissant du champagne, boisson prisée lors de soirées et fêtes, désormais proscrites, Olivier Véran, ministre de la santé, a déjà annoncé que “Noël ne serait pas une fête normale cette année” : il s’agit de tirer son épingle du jeu en s’appuyant sur la campagne de communication initiée en 2018 qui vise à inscrire le champagne dans le quotidien des consommateurs, en cliquant-retirant.