(Photo Laurent Gotti)
(Photo Laurent Gotti)

Gel, mildiou et autres calamités… Le tumultueux millésime 2016 a laissé des traces dans le vignoble Bourguignon. Certains producteurs bio ont fait le choix de sortir du cadre de la viticulture biologique pour préserver ce qui pouvait l’être. La tendance à la montée en puissance n’est toutefois pas remise en cause.

La viticulture bio s’est faite une place grandissante dans les pratiques des viticulteurs bourguignons atteignant même 16% de la superficie de vignes en Côte-d’Or. La confirmation d’un basculement opéré au milieu des années 2000 : d’une pratique marginale, voire montrée du doigt, l’agrobiologie est devenue un graal à atteindre pour toute une génération. Des grands domaines phares comme Leflaive (Puligny-Montrachet), la Romanée-Conti (Vosne-Romanée) ou encore Comtes Lafon (Meursault), etc., ont largement contribué à crédibiliser la démarche.

Le millésime 2016 a-t-il marqué un coup d’arrêt, un renversement de tendance ? Après un gel dévastateur et face à une pression de mildiou jamais vu au printemps, un nombre conséquent de viticulteurs ont eu recours à des traitements de synthèse pour sauver les meubles. La question d’un reflux durable de la bio en Bourgogne se posait. L’association BioBourgogne se voulait à l’époque rassurante : « Ceux qui ont signalé des manquements se sont très vite réengagés par un courrier annonçant qu’ils souhaitaient respecter le cahier des charges l’année prochaine, tout en étant conscients qu’ils retombaient en première année de conversion. ». Toute la difficulté de la règlementation bio est là : les 3 années de conversion prévues pour tout nouveau producteur se lançant dans la bio sont aussi valables pour un producteur bio ayant commis une entorse, aussi restreinte dans le temps soit-elle, au cahier des charges… L’année 2016 a donc été considérée chez ces derniers comme une année en viticulture conventionnelle. Des voix se sont vainement élevées pour déplorer la « rigidité » du cadre règlementaire. Fort heureusement le millésime 2017 a été beaucoup plus calme (malgré les gelées à nouveau menaçantes). Les producteurs « ré-engagés » seront de nouveau certifiés en agriculture biologique en 2019.
La plupart des producteurs ont ainsi réintégré les rangs de la bio. On citera notamment Laurent Fournier (Domaine Jean Fournier à Marsannay), viticulteur bio, certifié depuis 2008. Ou encore à Vincent Dureuil-Janthial excellent vigneron de Rully.

La bio est la voie de l’avenir pour beaucoup. Vignerons bio depuis de nombreux millésimes, Richard et Stéphane Martin au domaine de la Croix Senaillet (Davayé) ont repris les 13 hectares du domaine du Mont-Epin. Qu’ils ont aussitôt converti… Autre exemple dans le Mâconnais : Vivien Saumaize-Michelin, qui vient de rejoindre ses parents à Vergisson, affiche un objectif claire : passer à la certification bio rapidement pour valider le travail effectué par ses parents (dans les faits les vignes sont déjà conduites en bio).

Bref, si le millésime 2016 a ralenti la marche de la bio, la dynamique ne semble pas s’essouffler. En témoignent les 66 producteurs présents lors des « Bio-rencontres » dans le cadre des Grands Jours de Bourgogne.

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