De la première pierre de la cité des Climats à la folie des Hospices, en passant par l’accueil d’un siège international, la Bourgogne a vécu un millésime 2021 faste en termes d’actualités. Rétrospective.

Janvier : De nouveaux Bourguignons en Californie

Les États-Unis et la Bourgogne : une histoire d’amour jamais démentie. Drouhin, Jadot, Méo-Camuet en Oregon, Aubert de Villaine dans la Napa Valley… et Faiveley dans la Sonoma.  Le domaine de Nuit Saint-Georges annonce en janvier 2021 l’acquisition d’une part « significative » du domaine Williams Selyem, référence du pinot noir californien. L’exploitation propose des vins presque uniquement sur allocation à un public de fins connaisseurs américains. Pour la famille Faiveley, un projet de longue date se concrétise. « En tant que Bourguignons, nous voulions cultiver les meilleurs pinot noir et chardonnay des États-Unis. La région de Sonoma et en particulier la Russian River Valley se sont imposées comme une évidence à nos yeux. » Objectif : Une transmission intégrale à moyen terme.

Mars : La cité des Climat sort de terre

2021 restera l’année de naissance de la cité des Climats et Vins de Bourgogne. À Beaune, la première pierre du site principal est posée vendredi 12 mars, en compagnie du maître d’œuvre, des architectes et des financeurs du projet. La future porte d’entrée oenotouristique de Bourgogne sera composée de trois sites : Mâcon, Chablis, et Beaune. Ce dernier devrait bénéficier d’une inauguration en novembre 2022, à l’occasion de l’emblématique vente des Hospices. « C’est le rêve de tous les Beaunois, mais aussi un projet international », s’émeut Christophe Rougeot, à la tête de l’entreprise du même nom, chargée du chantier. Une truelle à la main, le maire de Beaune Alain Suguenot savoure lui aussi le moment. « Ce chantier a pu être considéré par certains comme une arlésienne, mais nous y sommes. On peut être fiers »

Mars : La Bourgogne sur petit écran

Voilà un film qui a alimenté bien des discussions chez les vignerons de Bourgogne. Le 1er mars sur France 2, le long-métrage « Intraitable » replonge le vignoble dans l’affaire Emmanuel Giboulot : l’histoire de ce vigneron bourguignon, en biodynamie, inquiété par la justice car il avait refusé d’effectuer un traitement insecticide obligatoire sur ses vignes. Dans le rôle du viticulteur, Fred Testot. Le scénario, s’inspirant très librement des faits, a pu provoquer quelques grincements de dents au sein de la filière.

Octobre : L’ONU (du vin) déménage à Dijon

Une nouvelle fierté pour la Bourgogne, et pas des moindres. Lundi 25 octobre 2021, les 48 états membres de l’organisation internationale de la vigne et du vin (OIV) choisissent Dijon comme nouveau siège, à l’unanimité. L’« ONU du vin » va définitivement quitter ses locaux parisiens. Une décision accueillie par des applaudissements nourris, et par le sourire des représentants français. François Rebsamen, maire de Dijon, savoure le moment. « I had a dream : que l’OIV s’installe à Dijon », lâche l’édile face à l’assemblée. Avec près de 1000 experts associés, l’OIV est la référence internationale dans les secteurs de la viticulture et de l’œnologie.

Novembre : Les Hospices de Beaune sans limites

Toujours plus loin…  Dimanche 21 novembre 2021, la vente aux enchères des Hospices de Beaune, 161e du nom, pulvérise ses propres records. Les volumes restreints ont fait exploser les prix. Symbole de ces enchères survoltées : la pièce de charité, un Corton Renardes grand cru, qui trouve preneur pour 800 000€. Le parrain de la vente, Pio Marmaï, n’y est pas pour rien. L’acteur de Ce qui nous lie a emporté le public, façon concert de rock. « Y a du monde dans cette salle ou pas ? », s’est fendu le comédien de 37 ans, prenant à partie, tour à tour, les officiels et les acheteurs, et faisant monter les enchères pendant près d’un quart d’heure. Tonnerre d’applaudissements et embrassades ont conclu la séquence.